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Musiques traditionnelles de la Réunion: le maloya et le séga Le Maloya et le Séga sont les deux musiques spécifiques à la Réunion. L’une est d’origine africaine et malgache ayant ses racines dans l’esclavage, l’autre parle de la rencontre avec l’Europe.

Au XVIIIe siècle les esclaves venus du Mozambique et de Madagascar vivent les mêmes aspirations que leurs cousins d’Amérique : échapper en musique à leur condition. Se réunissant autour du feu, ils pratiquent leurs cérémonies animistes et le culte des ancêtres, via des musiques de transe. Au XIXe ces pratiques seront pimentées d’influences indiennes, apportées par les ouvriers indiens issus de la cote de Malabar au sud de l’Inde.

Le maloya (dont le nom viendrait du malgache « mala-helo » ou « maloy aho » : parler, s’exprimer) chante l’esclavage et la mélancolie des déracinés. C’est aussi une musique cérémonielle, un chant cathartique, un conte se moquant des maîtres blancs, en créole. Il est donc composé de deux répertoires : le profane et le sacré. Le sacré est plus lancinant et sert de support aux transes d’origines animistes. La base rythmique a trois temps, elle est donnée par le « roulèr », un tonneau tendu d’une peau de bœuf. L’énergie est impulsée par le « kayamb », une sorte de maraca plate et rectangulaire, faite de tiges de cannes à sucres dont la boite est emplies de graines. La voix est soutenue par le « bobre », un arc musical, le « pikèr » fait de gros bambous ou de fer blanc et le triangle.

Les colons, en leur temps, redoutaient les « sèrvis kabaré » et leurs pratiques magico-religieuses. Sous De Gaulle, à cause de la décolonisation, le maloya est jugé trop subversif, il est donc interdit de radio. C’est pourquoi, le très influent Parti Communiste Réunionnais de Paul Vergès, en fait son chant de lutte. Le premier enregistrement de maloya se fera lors d’un meeting du PC par Firmin Viry. Le maloya et ses musiciens sont pourchassés pour trouble à l’ordre public.

Dans les années 70, Danyèl Waro (fan de Brassens) et Alain Peters (fan de Led Zeppelin et de rock progressif) renouent avec le maloya et en font un étendard pour la reconnaissance de la langue créole. Après 1981 et l’arrivée de la gauche, la radios libres explosent et la parole s’ouvre : Firmin Viry sort de l’ombre, Danyel Waro a une reconnaissance internationale et Granmoun Lélé est mis en lumière. La relève est assurée par des groupes comme Ziskakan (« Jusqu’à quand ») ou Baster (nom d’un quartier).

En 2009 le maloya est très vivant : Christine Salem et sa magnifique voix se rapproche du blues, Zong branche un kayamb et en fait de l’électro-dub, Davy Sicard fait un mélange de maloya et de funk, les groupes Tapok et Kiltir entretiennent la tradition. Quant à la Famille Lélé (les nombreux descendants de Granmoun Lélé) et Michel Admette, ils réconcilient le Maloya et le Séga sur un seul album.  

Le séga est né à la fin du XIXème de la rencontre des rythmes du maloya et des instruments et danses européennes : polka, quadrilles et valses. C’est donc, depuis le début, une musique festive et légère. Après la Première Guerre Mondiale, le séga entre dans les salons de la bourgeoisie créole devenant ainsi une musique des villes, alors que le maloya reste une musique de la campagne des Hauts.

Nous vous proposons de découvrir le maloya et le séga par l'intermédiaire de huit voix importantes parmi les nombreux groupes et chanteurs réunionnais : Alain Peters ; Firmin Viry (le patriarche qui a fait sortir de l'ombre le maloya); Ziskakan; Danyèl Waro; Michel Admette (LA star de l’île ; avec plus de 250 chansons enregistrées et un grand nombre de hits gravés dans l’imaginaire réunionnais); Christine Salem (incarne la féminisation du maloya depuis le début des années 2000) et Kiltir (renouvelle l’héritage et s’attache à raconter aux plus jeunes la créolité)

 

La médiathèque départementale et la société des amis de la BDP vous invite à entendre du maloya et d'autres musiques traditionnelles de la Réunion revisitées par Marie-Ange Damour lors de la tournée Saveurs Musicales du 3 au 6 février 2010 (plus d'information ici)

 

Quelques sites internet pour aller plus loin:

RUNMUSIC [Pole régional des musiques actuelles de La Réunion]

MALOYA.ORG (LE site indispensable pour tout ce qui concerne la musique de l’ile: Concerts, exports, manifestations, fiches artistes etc…)

LIVRANOO (1ère librairie en ligne de l’Océan Indien)

DISCORAMA (webstore d’artistes réunionnais)

AKOUT (répertoire/agenda d’artistes de l’Océan Indien)

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