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Miriam Makeba

 
Miriam Makeba. Source: Wikipedia

Miriam Makeba née le à Johannesbourg, en Afrique du Sud et morte le à Castel Volturno, en Italie, est une chanteuse d'ethno-jazz et une militante politique sud-africaine, naturalisée guinéenne dans les années 1960 ainsi qu'algérienne en 1972.

Elle est parfois surnommée « Mama Afrika » et son nom complet est Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama. Contrainte à l'exil pendant une trentaine d'années, elle parcourt le monde et multiplie les succès musicaux. Elle devient surtout une des voix contre l'apartheid et pour la fierté du continent africain. Elle rentre en Afrique du Sud en 1990.

Biographie

Miriam Makeba naît le 4 mars 1932, dans le township près de Johannesbourg. Son père est instituteur, issu de l'ethnie Xhosa, sa mère est une domestique dont la famille est issue de la population Swazi. Prénommée « Zenzi », diminutif d’Uzenzile, qui signifie « Tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même », elle n’a que quelques jours lorsque sa mère est emprisonnée, avec elle, durant six mois pour avoir fabriqué de la bière afin de subvenir aux besoins de sa famille. Son père meurt lorsqu’elle a six ans.

En 1948, les nationalistes afrikaners gagnent les élections. C'est le début de l’apartheid. Makeba épouse James Kubay en 1950. À 17 ans, elle accouche de sa fille Bongi et est diagnostiquée d'un cancer du sein ; elle est traitée de manière non conventionnelle mais avec succès par sa mère. Son mari la quitte peu de temps après, et ils divorcent en 1952.

À 20 ans, Zenzi Makeba, bonne d’enfants puis laveuse de taxis, vit seule avec sa fille Bongi et sa mère. C’est là qu’elle commence à chanter, presque par hasard, avec les Cuban Brothers, puis devient choriste du groupe Manhattan Brothers, en 1952, qui lui donne son nom de scène, Miriam. Si elle devient très rapidement une vedette, elle se sert de son nouveau métier pour dénoncer le régime de l'apartheid et les conditions de vie misérables du prolétariat noir. En 1956, elle écrit son plus grand succès, la chanson Pata, Pata, avec laquelle elle fait le tour du monde(elle sera par exemple reprise en français par Sylvie Vartan sous le titre Tape Tape en 1980). L'enregistrement le plus le connu de la chanson a été effectué sous la direction de Jerry Ragovoy en 1967.

En 1959, elle joue dans une comédie musicale dont les représentations tournent dans tout le pays et sont un grand succès, King Kong. Mais elle est surtout contrainte à un exil qui durera 31 ans, en raison de son apparition dans le film anti-apartheid Come Back, Africa du cinéaste américain Lionel Rogosin. Ses disques sont également retirés de la vente en Afrique du Sud. Elle épouse Sonny Pillay la même année. Lorsque sa mère meurt en 1960, elle ne peut assister à ses obsèques, du fait de son interdiction de séjour en Afrique du Sud. C'est avec un passeport français qu'elle reviendra en Afrique du Sud à la libération de Nelson Mandela, emprisonné avec la plupart des dirigeants du Congrès national africain (ANC) au pénitencier de Robben Island.

En 1965, elle épouse son ami de longue date, le musicien sud-africain, Hugh Masekela avec qui elle divorce en 1966.

Elle ne cesse de prononcer des discours anti-apartheid et d’appeler au boycott de l’Afrique du Sud devant les Nations unies. Elle reçoit de nombreux soutiens, dont ceux de Kwame Nkrumah, Ahmed Sékou Touré, Amílcar Cabral ou encore Eduardo Mondlane. Elle chante en zoulou, en xhosa, en tswana, en swahili et en arabe (Ana hourra fi aljazaier pendant les Jeux africains de 1978 à Alger en Algérie). Ses mélodies chantent la tolérance et la paix. Elle vit aux États-Unis (où elle s'engage avec le mouvement des droits civiques contre la ségrégation raciale), en Guinée, en Europe et devient un des symboles de la lutte anti-apartheid. En Tanzanie, l'enthousiasme avec lequel le président Julius Nyerere lui remet un passeport lui donne pour la première fois cette impression de ne pas être une Sud-Africaine mais d’être une Africaine.

En 1966, Makeba reçoit un Grammy Award pour son disque An evening with Harry Belafonte and Miriam Makeba et devient la première Sud-Africaine à obtenir cette récompense. Son mariage en 1969 avec le militant des droits civils afro-américain Stokely Carmichael, chef des Black Panthers, lui cause des ennuis aux États-Unis. Elle s'exile à nouveau et s'installe en Guinée.

En 1977, elle participe au FESTAC 77, un festival des cultures et arts noirs et africains qui se tient à Lagos, au Nigeria, et réunit près de 60 pays.

Elle se sépare de Carmichael en 1978 et en 1980, dans ce pays où la polygamie est légale, devient la deuxième épouse de Bageot Bah, un Guinéen influent, directeur à la Sabena. Elle reprend ses tournées internationales, notamment avec le Ballet de Guinée. En 1978, lors des Jeux panafricains d'Alger, elle interprete en arabe la chanson Ifriqyia.

Après la mort du président guinéen Ahmed Sékou Touré, le coup d’état de Lansana Conté en 1984, et la mort de sa fille Bongi, en 1985, des suites d’une fausse couche, Miriam Makeba part vivre à Woluwe-Saint-Lambert, dans la banlieue de Bruxelles. Poursuivant ses engagements, elle consacre des chansons à Patrice Lumumba, Ahmed Sékou Touré, Malcolm X ou Samora Machel.

En 1987 Miriam Makeba rencontre à nouveau le succès grâce à sa collaboration avec Paul Simon dans l'album Graceland. Peu après, elle publie son autobiographie Makeba: My Story.

Miriam Makeba est décorée par la France au titre de Commandeur des Arts et Lettres en 1985 et devient Citoyenne d'honneur 1990. En 1990, Nelson Mandela la persuade de rentrer en Afrique du Sud. En 1992, elle interprète le rôle de la mère (Angelina) dans le film Sarafina ! qui raconte les émeutes de Soweto en 1976. En 2002, elle obtient le Prix Polar Music (la même année que Sofia Goubaïdoulina).

Miriam Makeba a toujours rêvé d'une grande Afrique unie. Pour son pays, elle exhortait ses frères noirs au pardon : « Il faut nous laisser grandir. Les Noirs et les Blancs doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble. »

En 1999, Miriam Makeba a été nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),.

Elle annonce en 2005 qu'elle met fin à sa carrière, tout en continuant à défendre les causes auxquelles elle croit. Elle est décédée le dimanche , à l'âge de 76 ans, à Castel Volturno (Province de Caserte, Italie) des suites d'un malaise, à l'issue d'un concert de soutien à l'auteur de Gomorra, Roberto Saviano, traqué par la Camorra,,,.

Le Prix international Miriam Makeba, récompense la créativité artistique dans le continent africain.

Albums et titres notables

Albums

  • 1960 : Miriam Makeba
  • 1962 : The Many Voices of Miriam Makeba (en)
  • 1963 : The World of Miriam Makeba
  • 1964 : The Voice of Africa
  • 1965 : Makeba Sings!
  • 1965 : An Evening with Belafonte/Makeba
  • 1965 : The Magic of Makeba
  • 1966 : The Magnificent Miriam Makeba
  • 1966 : All About Miriam
  • 1967 : Pata pata
  • 1968 : Makeba!
  • 1970 : Keep Me in Mind
  • 1974 : A Promise
  • 1975 : Miriam Makeba & Bongi
  • 1978 : Country Girl
  • 1979 : Comme une symphonie d'amour
  • 1987 : The Queen of African Music (en) (compilation)
  • 1988 : Sangoma (album) (en)
  • 1989 : Welela
  • 1991 : Eyes on Tomorrow (en)
  • 2000 : Homeland (Miriam Makeba) (en)
  • 2004 : Reflections

Titres

  • 1956 : Lakutschn, llanga, Lovely Lies
  • Sophiatown is Gone
  • 1963 : The Click Song / Mbube
  • 1970 : Lumumba
  • 1974 : Malcolm X
  • 1967 : Pata pata
  • 1977 : Soweto Blues
  • 1991 : Thula Sizwel/ I Shall be Released
  • Malaika

Hommages

La Ville de Paris a nommé une voie en son honneur, le passage Miriam-Makeba, dans le 12e arrondissement.

En septembre 2018, le collège Miriam Makeba de Lille-Moulins est officiellement inauguré.

Le département de Seine-Saint-Denis ouvre le 2 septembre 2019 un collège Miriam Makeba dans la commune d'Aubervilliers.

En 2015, dans son album Zanaka, la chanteuse française Jain lui rend hommage avec la chanson Makeba.

Notes et références

Notes

Références

Annexes

Articles connexes

  • Miriam Makeba, album de 1960
  • Makeba, chanson de Jain qui fait référence à Miriam Makeba

Liens externes

  • Ressources relatives à la musique :
    • All About Jazz
    • AllMusic
    • BBC Music
    • Carnegie Hall
    • Last.fm
    • MusicBrainz
    • Muziekweb
    • (en) Discogs
    • (de) Munzinger Pop
    • (en) Songkick
  • vidéos de Miriam Makeba sur Ina.fr
  • Miriam Makeba aux Jeux panafricains d'Alger
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Source : Article Miriam Makeba de Wikipédia

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