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Klaus Kinski

 
Klaus Kinski. Source: Wikipedia

Klaus Günter Karl Nakszynski, dit Klaus Kinski, est un comédien allemand, né le à Zoppot, territoire de Dantzig (aujourd'hui Sopot en Pologne) et mort le à Lagunitas, en Californie. Sa filmographie est notamment marquée par son association avec le réalisateur Werner Herzog.

Biographie

Klaus Kinski est le cadet des quatre enfants de Bruno Nakszyński, pharmacien allemand d'ascendance polonaise, et de Susanne Lutze, infirmière allemande dont le père était pasteur. Il est élevé bourgeoisement, mais ses parents meurent pendant la guerre, il doit voler pour vivre. Enrôlé dans la Wehrmacht en 1943, blessé au cours des derniers combats, il est fait prisonnier par les Anglais en 1944. Devant ses compagnons de captivité, il monte pour la première fois sur les planches sans que ce soit pour autant une véritable vocation.

C'est vers le théâtre qu'il se dirige au lendemain de sa libération, en 1946. Après quelques petits rôles sans importance, il se révèle, sous le nom de Klaus Kinski, dans deux pièces de Jean Cocteau : La Machine à écrire, puis La Voix humaine (1947), un long monologue dans lequel il incarne le rôle d'une femme désespérée, et dont la représentation fait scandale.

Il débute au cinéma en 1948, quitte l'Allemagne pour vagabonder en France, refait du théâtre en 1951, puis du cinéma à partir de 1955. Son irascibilité lui ferme bien des portes, mais polyglotte, il tourne dans plusieurs pays, et apparaît dans de nombreux rôles secondaires, comme dans Le Docteur Jivago de David Lean. Il tient progressivement des rôles principaux, notamment de méchants, dans les années 1960, et devient une vedette du cinéma de série B, principalement en Italie. Les films de Werner Herzog lui permettent ensuite de parvenir à une plus grande reconnaissance, dans le domaine du cinéma d'art et d'essai.

Le Grand Silence, western italien de Sergio Corbucci sorti en 1968, est le premier film qui attire sur lui l'attention en France. Suivront entre autres Justine de Sade (1968), L'important c'est d'aimer (1974) et Mort d'un pourri (1979). Il invente une façon particulière d'entrer dans le champ de la caméra en tournant de manière à être de profil puis de face en pivotant sur ses jambes (la caméra ne filmant que son torse, son visage et non ses jambes) et sans que la caméra ne fasse aucun mouvement : c'est la « vis Kinski » (décrite comme telle par Werner Herzog).

Klaus Kinski a tourné un grand nombre de films : des policiers aux « westerns spaghetti » en passant par des dizaines de série B, et surtout les films de Werner Herzog : Aguirre, la colère de Dieu (1972), suivi de Nosferatu, fantôme de la nuit et Woyzeck (tous deux en 1979) puis Fitzcarraldo (1982) et Cobra verde (1987). Si ces cinq films, fruits de sa collaboration avec Herzog, lui apportent la consécration dans le monde du cinéma, Kinski a avoué avoir choisi d'autres films de sa carrière uniquement en fonction du cachet et de la durée du tournage et même refusé des offres de Spielberg ou d'Akira Kurosawa au motif que ces derniers ne lui proposaient pas assez d'argent.

Acteur charismatique, réputé pour ses coups de tête et ses colères ravageuses, les relations difficiles qu'il entretient avec les réalisateurs font l'objet du film documentaire de Werner Herzog, dont il était l'acteur fétiche : Ennemis intimes (Mein Liebster Feind, littéralement Mon plus cher ennemi, 1999, parfois traduit par Mon ennemi intime).

En 1975, Kinski publie son autobiographie, traduite en français en 1976 sous le titre Crever pour vivre. Il y parle de son enfance misérable, de ses aventures crapuleuses, de ses passions, de ses haines, de ses folies, de son goût de la démesure et de ses préférences sexuelles pour les mineures. Sa famille est outrée par le contenu du livre, qui contribue à éloigner l'acteur de ses enfants : seul son fils cadet, Nikolai, assistera à ses funérailles en 1991.

Kinski meurt d'une crise cardiaque à Lagunitas en Californie à 65 ans, ses cendres sont dispersées dans l'océan Pacifique.

En 2013, avec la publication de son autobiographie Kindermund, la fille aînée, Pola Kinski, accuse son père de l'avoir violée de l'âge de 5 ans à 19 ans,. La cadette Nastassja dénonce également un père tyrannique, terrifiant, qui a tenté d'abuser d'elle.

Ses trois enfants ont eux aussi choisi la profession d'acteurs :

  • Pola Kinski (née en 1952)
  • Nastassja Kinski (née en 1961) connue pour le film Tess de Roman Polanski (1979)
  • Nikolai Kinski (né en 1976) qui a joué aux côtés de son père dans (ce qui sera) son dernier film, Kinski Paganini, en 1989, dans Klimt de Raoul Ruiz et avec Charlize Theron dans Aeon Flux (2005)

Carrière cinématographique

En 1947, Klaus Kinski effectue un essai pour Roberto Rossellini qui prépare son film, Allemagne année zéro. Un contrat au théâtre l'empêchera de se libérer pour le tournage. Sa première expérience sera le film Morituri. Son premier rôle marquant sera celui du prince Otto, le frère de Louis II de Bavière, sous la direction de Helmut Käutner (Louis II de Bavière en 1955).

En 1957, il participe au film de Douglas Sirk, tourné en Allemagne, Le temps d'aimer et le temps de mourir. Son premier film comme vedette sera Der rote Rausch en 1962. C'est grâce au film de David Lean, Le Docteur Jivago qu'il acquiert la reconnaissance internationale. Il enchaîne avec Sergio Leone et en 1965 s'installe à Rome, où il tournera polars, westerns, films érotiques, films de guerre, acceptant « les rôles au téléphone sans même lire les scénarios, choisissant toujours celui qui est le mieux payé ». Le lieu de tournage est aussi un critère : Marrakech, Rio, Londres, Téhéran... Dans les années 1970, il s'installe à Paris, où il alternera projets singuliers (avec Andrzej Zulawsli, Serge Moati, Alain Fleischer, Frank Cassenti) et films commerciaux.

Edgar-Wallace-Film

En 1959, débute la série allemande des adaptations des romans d'Edgar Wallace. Cette série est produite par le tandem Wendlandt-Philipsen ; elle durera jusqu'en 1972 et comptera 38 opus. Klaus Kinski participera à de très nombreux épisodes : Le vengeur défie Scotland Yard (un scénariste décapité) ; Les mystères de Londres (un tueur aveugle) ; Le narcisse jaune intrigue Scotland Yard (un barman) ; die seltsame Gräfin (un déséquilibré) ; Das Rätsel der roten Orchidee (un gangster) ; La porte aux sept serrures (un filou) ; Le requin harponne Scotland Yard (un policier camouflé en marchand) ; L'énigme du serpent noir (un gardien d'animaux) ; Le crapaud masqué (un abbé « mauvais ») ; das indische Tuch ; Mabuse défie Scotland Yard (un tueur) ; La serrure aux treize secrets ; neues vom Hexer (un domestique) ; La main de l'épouvante ; Liz et Helen.

Les westerns

La Chevauchée vers Santa Cruz (1963) marque les débuts de Klaus Kinski dans le western. Il tourne un autre de ces westerns allemands : Le Trésor des montagnes bleues. Puis viennent les westerns italo-espagnol : Et pour quelques dollars de plus (1965) ; El Chuncho (1966) ; Chacun pour soi (1967) ; Le Grand Silence (1967) ; Deux fois traitre (1968) ; Et le vent apporta la violence (1969) ; Macho Callaghan se déchaîne (1970) ; Nevada kid (1970) ; Priez les morts (1970) ; On m'appelle King (1971) ; La vengeance est un plat qui se mange froid (1971) ; La vengeance de dieu (1971) ; Black killer (1971) ; El retorno (1971) ; Che Botte (1974) ; Un génie, deux associés, une cloche (1975).

Collaborations

Kinski tournera quatre films avec Jess Franco, cinéaste mêlant horreur et érotisme dans ses films. Dans l'adaptation de Sade, Les infortunes de la vertu, il joue le rôle du marquis de Sade. Suivront Venus in furs en 1968, Les nuits de Dracula en 1969 et, Jack l'éventreur en 1976.

Mais c'est sa tumultueuse collaboration avec Werner Herzog qui est la plus féconde avec cinq films et la plus connue.

Filmographie

Années 1940

  • 1948 : Morituri de Eugen York : prisonnier néerlandais

Années 1950

Années 1960

Années 1970

Années 1980

Publications

  • Crever pour vivre, Klaus Kinski, éditions Belfond, 1976 ; Livre de Poche, 1982. Autobiographie
  • J'ai besoin d'amour (en), Klaus Kinski, éditions Michel Lafon, Paris, 1990

Hommages

  • Le photographe français Bruno de Monès a portraituré l'acteur en 1977.
  • Le groupe espagnol de shoegaze/pop/indie Klaus & Kinski porte son nom.

Voix françaises

Bien qu'il fût francophone, Klaus Kinski fut tout de même doublé à cause de son accent, notamment dans des rôles non germaniques.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

  • Klaus Kinski, Philippe Rège, éditions Pierre-Marcel Favre (Lausanne, Suisse), 1987

Liens externes

  • (de) Site officiel
  • (en) Klaus Kinski sur l’Internet Movie Database
  • Klaus Kinski
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Auteurs associés