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Tiken Jah Fakoly

 
Tiken Jah Fakoly. Source: Wikipedia

Tiken Jah Fakoly, de son vrai nom Doumbia Moussa Fakoly, né le à Odienné en Côte d'Ivoire, est un auteur-compositeur-interprète et chanteur de reggae.

Carrière

Tiken Jah Fakoly est né le à Odienné au nord-ouest de la Côte d'Ivoire. Bien qu'issu d'une famille de forgerons, Fakoly découvre assez tôt la musique reggae et monte son premier groupe, Djelys, en 1987. Il réussit peu à peu à se faire connaître au niveau régional puis national avec ses concerts.

En 1998, il monte pour la première fois sur scène en Europe, à Paris. En 2003, il est invité par le festival Musiques Métisses (Angoulême), d'où il revient en 2005.

En 2003, Tiken Jah Fakoly vivait exilé au Mali à la suite de menaces de mort,.

Il obtient la Victoire de la musique en 2003 dans la catégorie album Reggae/Ragga/World pour l'album Françafrique.

En 2002, 2005 et 2015, il chante lors de la Fête de l'Humanité. Lors de l'édition 2008, 50 000 personnes l'ont suivi sur la grande scène du parc de La Courneuve. Il participe au rock dans tous ses états à Évreux en 2005.

Lors d'un festival de rap à Dakar, Sénégal en décembre 2007, Fakoly demande entre autres au président Wade de « quitter le pouvoir s'il aime le Sénégal », il parle aussi du danger que court le pays. Fakoly est déclaré persona non grata au Sénégal à la suite de ses déclarations jugées « fracassantes, insolentes et discourtoises » par le gouvernement sénégalais. Un arrêté d'entrée et de sortie du territoire sénégalais a été pris par le ministre de l'Intérieur. Fakoly quitte le pays le lendemain. Après deux ans et demi d'interdiction de séjour au Sénégal, il a été reçu par le Président Wade le 31 juillet 2010 qui l'a invité à pouvoir de nouveau séjourner et se produire sur le sol sénégalais. Sur invitation du Festival des arts nègres, il s'est d'ailleurs produit à Dakar en décembre 2010.

En juillet 2008, il joue au festival Solidays, aux Francofolies de La Rochelle, ainsi qu'au festival Emmaüs de Pau (18 000 personnes). En juillet, il va au Paleo Festival de Nyon puis revient au Festival du Bout du Monde en août.

En 2010 sort l'album African Revolution. En raison des événements politiques en Côte d'Ivoire et en Tunisie, Tiken Jah lance une semaine de solidarité à Paris du 13 au 18 juin 2011.

Le 6 mars 2013 sort le documentaire Sababou réalisé par Samir Benchikh sur la Côte d'Ivoire dans lequel Tiken Jah participe activement. Ce documentaire vise à promouvoir un visage positif de l'Afrique et plus particulièrement de la Côte d'Ivoire en montrant l'action de gens comme Tiken Jah pour l'amélioration des conditions de vie en Afrique de l'ouest (engagement en faveur de la paix, de la démocratie, lutte contre la faim, promotion de l'éducation etc).

Tiken Jah a annoncé son grand retour sur la scène musicale avec la sortie d'un nouvel album nommé Dernier appel, disponible depuis le 2 juin 2014. À cette occasion, il participe au festival normand Archeo Jazz le 26 juin 2015, au festival des Nuits du Sud le 24 juillet 2015 et à la Fête de l'Humanité le 12 septembre 2015 devant plus de 80 000 festivaliers.

En septembre 2015, le chanteur ivoirien présente Racines, un album de reprises de standards du reggae dans lequel il réalise plusieurs duos avec quelques grands noms comme U-Roy ou Ken Boothe.

Le , Tiken Jah Fakoly se produit à Épinal pour un concert dont les bénéfices sont reversés pour la construction d'une école au Cameroun.

Prix & Récompenses musicales

  • 2000 : Prix RFI Découvertes Afrique
  • 2002 : 1er disque d'Or pour "Françafrique"
  • 2003 : Victoire de la musique pour l’album "Françafrique", trophée du meilleur album reggae/ragga/world des Victoires de la Musique de la chanson française
  • 2004 : Chevalier de l’ordre des arts et des lettres
  • 2004 : 2e disque d'Or pour "Coup de Gueule"
  • 2008 : 3e disque d’or pour l'album "l’Africain"
  • 2008 : 1er prix Freemuse lors de son premier concert en Irlande au Festival of World Cultures à Dublin
  • 2010 : Le prix "Mohandas Gandhi'' pour la non-violence à la maison de la presse à Bamako
  • 2012 : "Grands prix de la Sacem" catégorie "Grand prix des musiques du monde"
  • 2013 : Grade d’officier de l’ordre des arts et des lettres
  • 2014 : 4e disque d’or avec son album " African révolution "
  • 2016 : Victoire de l’album Reggae Africain avec l'album "Racines"

Engagement politique des chansons

Tiken Jah Fakoly joue une musique pour « éveiller les consciences ». Les paroles de ses chansons parlent de beaucoup d'injustices que subit la population de son pays d'origine, mais aussi et surtout le peuple africain dans son ensemble. Par « musique qui éveille les consciences », Tiken Jah Fakoly explique que les peuples qui vivent sous l'oppression sont des humains au même titre que les autres, qu'ils ont les mêmes droits que tout être humain et qu'ils ont leurs cultures et leurs valeurs.

Il voudrait que la dette des pays africains soit annulée et il est pour le mouvement altermondialiste. Il a aussi participé à des manifestations anti-G8. Fakoly est un des auteurs de l'album Drop the debt (2003), au profit de l'organisation altermondialiste ATTAC et African Consciences.

Tiken Jah Fakoly dénonce le colonialisme et le néocolonialisme :

Il est également sensible au problème des armes en Afrique, du pillage de ses richesses et des soutiens occidentaux à la dictature :

L'expression « blaguer tuer » signifie, selon l'auteur : « On nous blague veut dire qu'on fait comme si on nous aimait et pourtant d'un autre côté on nous massacre, on nous tue. Par exemple l'Armée française, venue soi-disant pour protéger la communauté internationale, est en Côte d'Ivoire simplement pour protéger les intérêts français ».

Le thème de Babylone, qui, dans la culture reggae et rastafari, désigne l'occident matérialiste, est également un thème récurrent des chansons de Tiken Jah Fakoly :

Fakoly dénonce aussi les hommes politiques d'Afrique « complices de Babylone pour nous arnaquer ».

Le chanteur est aussi préoccupé par les régimes africains corrompus : dans la chanson Le balayeur balayé, il est fait référence au putsch militaire en Côte d’Ivoire du général Robert Gueï, qui déclarait : « Nous sommes venus balayer la maison ». Gueï fut chassé par des manifestations en 2000, après son refus de reconnaître la victoire électorale de son adversaire Laurent Gbagbo. Cependant, il s'est distancié de Gbagbo peu après. En résulte des menaces sérieuses, causes de son exil au Mali. L'année suivante, un ami comédien et militant de l’opposition est assassiné. En 2006, Tiken Jah Fakoly ouvre un studio à Bamako, le H Camara, du nom de cet ami.

D'autres chansons comme On a tout compris évoquent aussi la corruption et l'exploitation de la population par les hommes politiques en Afrique.

Engagement en faveur de l'éducation

Tiken Jah Fakoly a lancé en 2009 une campagne intitulée « Un concert une école »,, campagne entièrement conceptualisée et mise en œuvre par Afrikakom au Mali. Il a déjà financé la construction d’une école dans le village de Touroni, situé à 30 km d’Odienné dans sa région natale et également un collège à Dianké au Mali (proche de Tombouctou). Tout ceci, en partenariat avec des institutions ou associations. Au cours de l’année, le chanteur a donné des concerts dans différentes capitales africaines en prônant 'L'éducation c'est la lumière' au Burkina Faso,en Côte d'Ivoire et Guinée Conakry. Les concerts ont été accompagnés par une très vaste campagne de communication en faveur de l'éducation, diffusée sur Africable, TV5, Canal+, RFI, Radio Nostalgie, les télévisions et radios locales partenaires. Considérant que « l’école est la base du développement surtout pour les jeunes filles », il préconise de « donner les mêmes chances à tout le monde, à tous les enfants ».

Les grandes épopées héroïques africaines, un modèle pour Tiken Jah Fakoly et la jeunesse africaine

Tiken Jah Fakoly a, tout le long de sa carrière, fait référence à l'Histoire comme modèle pour la jeunesse africaine. Ses opus Le Descendant, Alou MAyé ou encore Soundjata glorifient ces époques de l'Histoire africaine.

En 2015, Tiken Jah Fakoly initie, en tant que commissaire général, la première édition du Festival Historique du Manding [1] en collaboration avec l'agence événementielle Afrikakom et sa maison de production malienne Fakoly Production, déjà promotrice du club Radio Libre sis à Bamako depuis 2010. À Siby, à 40 km de Bamako au Mali, du 22 au 24 octobre, le chanteur propose un festival au contenu inédit : conférences historiques, théâtre, exposants, concerts géants. La première édition est un succès. L'artiste martèle que l'Histoire de l'Afrique ne se limite pas à l'esclavage et à la colonisation et propose une tribune d'expression populaire à de grands intellectuels qui se joignent à l'organisation de l'évènement. Ce festival est également l'occasion de rappeler à tous les valeurs sociales africaines.

Le leitmotiv de Tiken Jah Fakoly est : « Tant que l'Histoire sera racontée par les chasseurs, la version du lion ne sera jamais connue ».

Promoteur de spectacles et d'évènements culturels

Dès le décollage de sa carrière au début des années 2000, Tiken Jah Fakoly promeut de nombreux évènements culturels dans la sous-région d'Afrique de l'Ouest. C'est sa structure Fakoly Production qui organise de nombreuses rencontres au Mali et en Côte d'Ivoire en particulier, mais également en Guinée, au Burkina Faso ou au Niger.

Son club « Radio Libre », ouvert depuis 2009, reçoit chaque semaine de nombreux artistes venus jouer en Live dans ce temple du reggae et de la musique mandingue.

Depuis 2012, il organise chaque année à Odienné en Côte d'Ivoire le « Festikabadougou ». Durant l'édition 2015, face à un public de 30 000 personnes, il recommande « Mettons nos enfants à l'école parce que l'école éveille les consciences ». Pour l'artiste engagé, « L'avenir, c'est l'Afrique ».

Discographie

Filmographie

  • Plus jamais ça réalisé par J.G Biggs
  • Live à Paris, D'Abidjan à Paris (2008), édition double DVD avec live au Zénith, clips et documentaires :
    • Mon pays va mal, documentaire 50 min réalisé en 2004 par Eric Mulet et Sylvain Taillet
    • Viens voir, documentaire 52 min réalisé en 2007 par Jessy Nottola
    • Ma Côte d'Ivoire, documentaire live à Abidjan 52 min réalisé en décembre 2007 par Jessy Nottola
    • L'Afrique doit du fric, vidéoclip réalisé en avril 2006 par Jessy Nottola - voir le clip
    • Non à l'excision, vidéoclip en janvier 2007 réalisé par Jessy Nottola - voir le clip
    • Ouvrez les frontières, vidéoclip réalisé par Jessy Nottola - voir le clip
    • Bla bla, vidéoclip réalisé en juillet 2007 par Jessy Nottola - voir le clip
  • Il faut se lever, vidéoclip réalisé en mai 2010 par Jessy Nottola - voir le clip
  • Sababou, documentaire réalisé en 2012 par Samir Benchikh - Sortie au cinéma le 06 mars 2013 - voir la fiche du film
  • 2016 : Bienvenue au Gondwana : lui-même

Collaborations

  • 2002 : Il chante avec Yaniss Odua sur le morceau Y'en a marre de l'album Françafrique.
  • 2003 : Il chante avec Dub Incorporation sur le morceau Life de leur album Diversité.
  • 2003 : Il chante avec Riké sur le morceau Réveillez-vous de l'album Air frais.
  • 2004 : Il chante avec Bernard Lavilliers sur le morceau Question de peau de l'album Carnets de bord.
  • 2004 : Il chante avec Steel Pulse sur le morceau African Holocaust de l'album du même nom .
  • 2004 : Il chante avec Positive Radical Sound, sur le morceau Quitte moi de l'album Ensemble.
  • 2005 : festival Africa Live organisé à Dakar
  • 2005 : Il chante avec Amadou & Mariam ainsi que Manu Chao sur le morceau Politic amagni de l'album Dimanche à Bamako.
  • 2006 : Il chante avec Pierpoljack sur le morceau Si Si de l'album Je blesserai personne.
  • 2006 : compilation African Rebel Music - Roots Reggae and Dancehall
  • 2006 : Il participe à l'album Electric griot land de Ba Cissoko.
  • 2007 : Il chante avec Idir sur le morceau Africa Taferka de l'album La France des couleurs.
  • 2007 : Il chante avec Soprano sur le morceau Ouvrez les frontières de l'album L'Africain.
  • 2007 : Il chante avec Akon sur le morceau Soldiers de l'album L'Africain.
  • 2007 : Il chante avec Mokobé ainsi que Manu Chao, Amadou & Mariam et Fou Malade sur le morceau Politique de l'album Mon Afrique.
  • 2009 : Il chante avec Les ogres de barback sur le morceau Invitation de l'album Pitt Ocha au Pays des Mille Collines.
  • 2009: Il chante avec Ken Boothe sur le morceau "Is it because i'm black ?" de l'album Racines.
  • 2011 : Il chante avec Magic System sur le morceau Ca va aller de l'album Toutè Kalé.
  • 2011 : Il chante au sein du Collectif Paris Africa (avec la participation de 60 artistes) sur le morceau Des ricochets au profit de l'action de l'UNICEF pour les enfants de la Corne de l'Afrique.
  • 2011 : Il chante avec Wesli sur le morceau Colonisation de l'album Liberté dans le noir.
  • 2018 : Il apparaît sur le morceau Rampanpan de Soprano sur son album Phoenix.
  • 2019: Il chante avec Soprano sur son single "Le monde est Chaud".

Bibliographie

  • KOFFI Brou Dieudonné, Tiken Jah Fakoly, les enjeux des coups de gueule, Abidjan, éditions Balafons, 2014, 143p.
  • KOFFI Brou Dieudonné, "L'argent et la critique de la politique en Côte d'Ivoire. Considération de la musique de Tiken Jah Fakoly" in Dezan, Revue scientifique de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines de l'Université d'Abomey-Calavi, Bénin, 2015, (ISSN 1840-717X), p. 221-236.
  • KOFFI Brou Dieudonné, "La réconciliation, la mémoire et l'oubli: quelle articulation au regard de Tiken Jah Fakoly?" in Baobab, Revue des Sciences de l'imaginaire, arts, lettres et sciences humaines des Universités Félix Houphouët-Boigny et Alassane Ouattara, Côte d'Ivoire, 2016, (ISSN 1996-1898), p. 86-96.
  • KOFFI Brou Dieudonné, « Tiken Jah Fakoly et la critique de la politique postcoloniale en Afrique » in Postcolonie, postcolonialisme et études postcoloniales : Bilan et perspectives pluridisciplinaires (Dir. Dili Palaï Clément), Bayeux (France), Panafrika/ Silex/ Nouvelles du Sud, 2017, p. 88-101.
  • KOFFI Brou Dieudonné, Tiken Jah Fakoly, le reggae et la femme africaine, Editions universitaires européennes, Saarbrücken (Allemagne), 2017, 108p.
  • KOFFI Brou Dieudonné, "Tiken Jah Fakoly: quelle contribution pour la consolidation de la cohésion sociale en situation de post-transition en Afrique?" in La restauration de l'État de droit en période de post-transition politique en Afrique" (Dir. Issa Diallo), Ouagadougou, PUO, 2017, p. 73-92.
  • KOFFI Brou Dieudonné, "La coopération Afrique-Occident au crible de la discographie de Tiken Jah Fakoly" in Le paradigme 'Afrique-Occident'(Dir. N'guessan Kouadio Germain), Abidjan, Inidaf, 2017, p. 378-393.
  • KOFFI Brou Dieudonné (Dir.),Tiken Jah Fakoly, quand le reggae s’arrime à la pensée, Tome 1- La pensée universitaire, Paris, L’Harmattan, 2018, 210p.
  • KOFFI Brou Dieudonné (Dir.),Tiken Jah Fakoly, quand le reggae s’arrime à la pensée, Tome 2- Penser et panser l'Afrique, Paris, L’Harmattan, 2018, 162p.
  • KOFFI Brou Dieudonné, « Reggae et expression de l’identité africaine : une exploration de la musique de Tiken Jah Fakoly » in Les identités : le concept, ses manifestations, ses évolutions (Dir. Prof. Ibrahim Muhammed Saadaoui, Tunis, Tunisian World Center for SRD, 2018, pp. 215-233.
  • KOFFI Brou Dieudonné (Dir.), L’Afrique postcoloniale dans le reggae africain (Préface de Tiken Jah Fakoly), Sarrebrück (Allemagne), Éditions universitaires européennes, 2018, 130p.

Notes et références

Liens externes

  • (fr+en) Site officiel de Tiken Jah Fakoly
  • Justice: Tiken Jah Fakoly (site non officiel)
  • Justice: Tiken Jah Fakoly: Document PDF synthèse
  • Association Toloni (Enfance et Éducation en Afrique), créée et présidée par Tiken Jah Fakoly
  • (en) Wrasse Records
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Source : Article Tiken Jah Fakoly de Wikipédia

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